
" HARMONIE DU CORPS ET DE L'ÂME "
"L'entente parfaite" AVRIL 2003
Préambule
Dans une page précédente, intitulée "l'âme", vous avez pu lire divers écrits issus
de réflexions sages et profondes, dont les auteurs, connus ou inconnus, n'en sont pas
moins des sages eux-mêmes. L'une d'entre elles a peut être retenu plus votre attention
qu'une autre : elle affirme que l'âme meut le corps. Dans la présente page, je souhaite
simplement vous faire profiter de quelques vérités, partant du principe simple que plus
le corps est à l'écoute de l'âme qui l'habite, alors plus la vie devient harmonieuse.
Spirituellement, l'âme est l'agent essentiel de la vie, et, unie au corps, elle
constitue l'être vivant. Là réside bien tout le mystère de cette compagne pour la vie.
Qu'entend t'on par "unie au corps" ? Pourquoi l'être humain, fait de chair et de sang,
n'est-il pas plus curieux de savoir de quelle façon ? Chacun sait qu'aucune médecine
ici-bas n'a jamais "guéri" ni "opéré" une âme au sens propre des termes.
Un organe ultra-sophistiqué : le cerveau
Nous possédons tous sous notre crâne, que nous soyons intelligent ou simple d'esprit,
une véritable merveille de la nature, œuvre de Dieu pour cette dernière, il n'est
jamais inutile de le rappeler : le cerveau. Une vraie centrale de traitement, qui
fonctionne en continu, traite des milliers d'informations, qu'elle nous renvoie sous
forme de pensées, de sensations, d'émotions, de sentiments ou de souvenirs. La fonction
du cerveau ne s'arrête pas là, mais je n'irai pas plus loin, car c'est celle qui nous
intéresse.
Ce cerveau est divisé en deux hémisphères : dans son hémisphère droit, là encore, celui
qui nous intéresse pour ce sujet, naissent les pensées et les idées. Il est à l'origine
de nos intuitions et de notre créativité : c'est lui qui fonctionne lorsque notre
imagination galope, il sait apprécier tous les arts et tout ce qui est beau.
Notre inconscient siège dans cette partie de notre cerveau.
Actuellement, l'être humain n'utilise que 3 % des capacités de cet organe. Non, vous
n'avez pas mal lu : il ne manque pas de chiffre devant, je n'invente rien : la science
d'aujourd'hui n'a pas percé à jour les secrets de notre hémisphère droit, plus
particulièrement.
La science de l'âme
Etymologiquement, la psychologie est la science de l'âme. Mais pour les psychologues,
cette notion "d'âme" est prise dans un sens plus concret et plus positif : l'âme est
la vie intérieure, un monde intérieur, concret, vivant de souvenirs, de désirs,
d'images et de rêves.
Il est vrai que la psychologie est tout d'abord une interrogation de l'homme sur
lui-même, sur sa propre individualité mais aussi sur les autres, et le problème
psychologique ne se pose précisément que lorsque l'individu cesse de conformer
exactement sa pensée et sa conduite aux exigences de la morale : on se découvre
un "moi" original en se jugeant, un peu comme l'enfant prend conscience de son
"moi" lors de son premier mensonge. Le péché qui manque la loi morale, l'erreur qui
manque la vérité, sont les premiers sujets d'interrogation.
Lorsque Socrate cite la fameuse formule "connais-toi toi même", c'est à ses yeux,
apprendre à écouter en soi la voie de la raison universelle et éternelle, condition
unique pour être en paix avec soi-même et avec les autres consciences raisonnables.
C'est nous-même qu'il nous faut connaître, car c'est nous-même qu'il nous faut
gouverner.
Aristote, dans son traité "De l'âme", nous propose le premier une sorte de traité
systématique de psychologie. Pour les anciens, l'âme, c'est "le souffle vital", le
principe de la vie tout autant que le principe de la pensée. C'est ce que veut dire
Aristote quand il écrit que "l'âme est la forme d'un corps naturel ayant la vie en
puissance". Autrement dit, l'âme c'est ce qui anime cette matière qui constitue un
corps, ce qui en fait un organisme vivant. C'est ainsi, toujours d'après Aristote, que
les plantes possèdent une "âme végétale", assurant les fonctions de leur vie végétale,
les animaux ont aussi cette âme végétative, et en outre, une "âme sensitive", source
de leurs fonctions biologiques spécifiques.
Aux deux âmes précitées, cet homme ajoute une "âme raisonnable". Ces Ãâmes sont donc
des entités abstraites. On pourrait croire, d'après les définitions qu'il propose de
l'âme, que sa psychologie est une sorte de biologie ou de physique. Mais il faut
comprendre que c'est en fait le contraire qui est vrai, et que chez Aristote, comme
tous les penseurs anciens et comme dans les cosmologies naïves des peuples primitifs,
toute explication du monde et de la matière est toujours (involontairement)
psychologique.
Là ou Aristote confond, Descartes distingue.
Le monde de l'âme pour ce dernier est séparé de la matière. Il y a (dans un langage
philosophique) deux substances distinctes : l'âme, qui n'a plus rien à voir avec un
principe vital, est seulement le principe de la pensée (les phénomènes biologiques
s'expliquent alors par des lois mécaniques, et l'animal cesse d'être "animé" pour
devenir une machine).
Ce qui fait que l'homme, pace qu'il pense, parce qu'il raisonne, a une âme, et
l'animal, lui, n'en a pas.
Alors ?
Qu'en est-il dans ces conditions de l'être humain ? L'âme et le corps constituent deux
substances distinctes qui requièrent des formes d'application absolument différentes :
- le fonctionnement du corps humain doit être expliqué de façon purement mécanique,
comme l'animal.
- L'âme humaine, substantiellement distincte du corps, relève d'un tout "autre type
d'intelligibilité". C'est alors ici le domaine de la métaphysique.
Dans ses "Méditations métaphysiques", Descartes retrace l'itinéraire de ses
découvertes spirituelles.
Par méthode, il s'emploie d'abord à douter de toutes ses connaissances : il s'aperçoit
alors qu'il est une chose dont il ne peut douter, c'est-à-dire, le fait même, qu'en ce
moment, il est en train de douter et de penser. Il se dit : " même si tout ce que je
pense est faux, il y a une chose vraie, incontestable, et qui résiste à tous les
assauts du doute : c'est l'existence d'un principe spirituel, l'existence de ma propre
pensée. Je peux douter que le monde existe, je peux douter que j'ai un corps, mais je
ne peux douter que j'existe, moi, sujet pensant". Il écrit ensuite : "je connus de
là que j'étais une substance dont toute l'essence et la nature n'est que de penser et
qui pour être n'a besoin d'aucun lien, ni ne dépend d'aucune chose matérielle. En sorte
que ce moi, c'est-à-dire l'âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement
distincte du corps et même qu'elle est plus aisée à connaître que lui, et encore qu'il
ne fît point, elle ne cesserait d'être tout ce qu'elle est".
Si pour Descartes, l'âme et le corps sont deux substances distinctes, il n'en est pas
moins vrai qu'en l'homme animé par "la vie" ces deux substances sont étroitement
liées et réagissent l'une sur l'autre.
La vie "organique" agit sur la vie "de l'esprit" et la vie "de l'esprit" agit sur
la vie "organique". La puissance de l'organisme sur l'esprit apparaît dès que nous
réfléchissons et réagissons au phénomène des "passions". Descartes nomme "passion
"toute" pensée qui est excitée en l'âme sans le concours de sa volonté, par les
seules impressions qui sont dans le cerveau". La passion exprime donc "l'esclavage"
que notre corps fait subir à notre âme.
Descartes, dans les "Lettres à Elisabet " tentait déjà d'expliquer les angoisses et
les troubles mentaux par des conflits de représentations associés à des mouvements
contradictoires. Il écrit : "Lorsque la peur représente la mort comme un mal extrème
et qui ne peut être évité que par la fuite, l'ambition d'autre part représente
l'infamie de cette fuite comme un mal pire que la mort. Ces deux agitent diversement
la volonté, laquelle obéissant tantôt à l'une, tantôt à l'autre, s'oppose
continuellement à soi-même et rend l'âme malheureuse."
Il souligne que si d'une part "la santé du corps aide beaucoup l'esprit à chasser de
soi les passions qui participent à la tristesse", d'autre part, "lorsque l'esprit
est plein de joie, cela sert beaucoup à faire que le corps se porte mieux". Il
mentionne "les grands changements que la colère et la crainte excitent dans le corps".
Aussi, Descartes s'emploie à n'adresser à Elisabeth que des lettres sereines et
optimistes. Il l'invite à cultiver des pensées gaies, à se "délivrer l'esprit" non
seulement des images tristes mais aussi de toutes les "méditations sérieuses et à
regarder de temps à autre la verdure d'un bois, les couleurs d'une fleur, le vol d'un
oiseau".
Par cette technique, Descartes assure avoir rétabli sa propre santé, si fragile en son
enfance.
Je peux vous assurer qu'ainsi je sauvegarde la mienne, de même si fragile dans ma
propre enfance.
Aucun acte de notre existence quotidienne ne doit venir altérer ce don précieux de
Dieu en nous : la vie. Si vous fumez, cessez : la nicotine altère la puissance de
votre cerveau et "l'anesthésie" en quelque sorte. Ne prenez pas de médicaments, si
ce n'est ceux que l'homéopathie met à notre disposition, les autres "polluent" non
seulement votre corps, mais par le fait, votre esprit. Bien évidemment, ne soyez
esclave d'aucune drogue, pas même de l'alcool. Consommé modérément, ce dernier fait
partie des plaisirs de l'existence, à savourer en famille et entre amis : il n'est pas
nécessaire de s'en priver, sachez rester dans la juste mesure. Faites du sport : vous
en retirerez un bienfait non négligeable dans bien des domaines. Enfin mangez sain :
l'alimentation actuelle elle aussi "pollue" de plus en plus nos organismes. Je suis
devenue quasiment végétarienne par dégoût : je ne peux me résoudre à manger la viande
des animaux provenant des élevages industriels, qui souffrent dès leur naissance
jusqu'à leur mort. "Humanité, si tu savais ce que font subir ces hommes à ces bêtes,
conçues et abattues dans le seul but de te nourrir ... Si ta propre chair pouvait
transpirer leur souffrance, tu remplirais des océans ...".
Il me faut bien conclure ...
Montaigne écrivait : "il n'y a que vous qui sachiez si vous êtes lâche ou cruel ou
dévotieux. Les autres ne vous voient point, ils vous devinent par conjectures
incertaines." La seule méthode possible est donc le retour sur soi-même :
l'introspection.
Je regrette de ne pas parler ici de l'immense talent de Bergson, je pense notamment
à "Matière et mémoire", faisant référence à l'autonomie de l'esprit à l'égard du
corps, mais l'orientation spiritualiste de sa philosophie serait "massacrée" que
d'essayer d'en parler en quelques lignes. Je soulignerai simplement que Bergson,
philosophe tourné vers la vie intérieure, est le premier à s'être posé le problème de
l'intelligence "pratique".
"La vérité de l'homme est dans son rapport avec la nature, dans son rapport avec la
société et ses conflits de classe, dans l'action collective, et non pas dans un repli
solitaire".
é
"Un esprit qui ne se soucie pas du corps qu'il habite est un fantôme. A vous de lui
permettre de s'incarner".
Et si vous avez lu jusqu'au bout ces quelques pages avec attention, alors vous venez
de faire un grand pas dans la découverte de cette vérité, la votre, celle qui vous
permettra de faire vivre en harmonie votre corps et votre âme.
Ecrit pour la sauvegarde du genre humain, pour lequel je formule quatre vœux. Qu'il
devienne :
Digne, Inspiré, Equitable, Universellement aimant.
Amicalement,
Uranie.
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