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La "phénoménologie"
Le 26/04/2003
La "phénoménologie", doctrine particulièrement féconde, est avant tout la philosophie
de Husserl (1859-1938). Les préoccupations de ce penseur illustre, mathématicien à
l'origine, sont beaucoup plus philosophiques que psychologiques, Husserl est même
parti en guerre contre le "psychologisme".
Pourtant, à partir de sa théorie de la conscience, une nouvelle orientation a été
donnée dans la recherche psychologique, notamment dans les travaux de Jean-Paul Sartre.
Ce dernier voit dans les concepts philosophiques de Husserl une nouvelle occasion
d'exorciser le mythe de la vie intérieure.
Considérons des "états de conscience" tels qu'une perception, une émotion : si je me
souviens d'une journée de vacances, ce souvenir n'est pas une réalité purement
intérieure, c'est un acte par lequel ma conscience se dirige vers certains évènements
qui ont eut lieu dans mon passé.
"Un homme se précipite sur moi et j'ai peur" : ici encore, ma peur apparaît non
comme une donnée intérieure, mais comme une attitude en face de quelqu'un, comme une
façon de diriger ma conscience sur une réalité du monde extérieur.
Le monde des sentiments, qui passe pour le plus intime, le plus subjectif, n'échappe
pas à cette loi, un sentiment, c'est "une façon d'être dans le monde".
Aimer et haïr, c'est une manière de se diriger vers autrui. Ainsi, selon la célèbre
formule de Husserl, "toute conscience est conscience de quelque chose". Il n'y a
pas "d'états de conscience", mais des façons de "prendre conscience de".
Dites non à l'individualisme, qui n'est qu'une protection pathologique pour se
préserver des agressions extérieures, et apprenez à vous diriger vers autrui : plutôt
que de haïr, aimons-nous les uns les autres. Chacun y puisera inéluctablement un
réconfort immédiat et fera un grand pas vers la spiritualité, qui déserte de plus en
plus ce monde, dans son sens large et surtout comme ouverture vers autrui .
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