Lorsque l'on me fait respirer une rose, je deviens "odeur de rose". Lorsque l'on
m'enlève la fleur, il me reste le souvenir du parfum. C'est ce souvenir qui m'inspire
le désir de sentir à nouveau ce parfum. Le désir ne s'explique t'il donc qu'à partir
d'une sensation que l'on souhaite voir revenir ?

De cette constatation, Condillac déduit que la conscience serait comme une "statue"
inerte et passive qui accueillerait des sensations provenant d'excitations antérieures.
Mais Condillac oublie que pour trouver de l'agrément au parfum de la rose, il faut que
je possède avant tout une expérience, une tendance, qui me permette d'y trouver du
plaisir. Or, ce n'est pas le souvenir du plaisir qui créée la tendance, mais sans doute,
les plaisirs passés qui orientent mes désirs actuels.
Bergson écrit : "partout où il y a joie, il y a création ; plus riche est la création,
plus profonde est la joie".

L'émotion est une sorte de "crise de nerf avortée". C'est un orage affectif, un
trouble momentané et assez violent, qui touche à la fois la conscience et le corps.
Kant disait que "l'émotion agit comme une eau qui rompt la digue".

"Recherchons les plaisirs de la vie, nous trouverons alors la joie d'exister. Nous
deviendrons créatifs, et la créativité engendre la générosité. Alors, nos émotions
déferleront en nous et autour de nous, telles des rivières de bonheur qui inonderont
les cœurs ..."
Uranie.