LA FEUILLE
Avant que la nature ne s'endorme,
Faisant en sorte qu'ainsi je meurs,
Celui qui me porte me donne une forme,
Celui qui me porte varie mes couleurs.
Au Printemps, il me donne vie,
Puis je m'épanouis, entourée de sœurs,
Le vent et la pluie deviennent mes amis,
Et le soleil lui, renforce ma vigueur.
A la fin de l'été, je me sens fatiguée,
L'arbre qui me porte semble paresser,
Autour de moi, mes semblables hésitent,
Attendre l'Automne, ou tomber de suite ?
Les matins deviennent tout-à-coup plus frais,
Je vois dame Nature changer de parure,
Une merveille elle revêt, orangée et dorée.
Une à une elles tombent, sur le sol dur,
Bientôt je les suivrai car feuille aussi je suis,
J'aurai vécu huit mois quelque part sur la Terre,
Ainsi est la nature pour toute espèce de vie,
Laissez-là faire sa loi au sein de l'univers :
Quiconque ose la défier, humain ne peut s'appeler.
Uranie.
|