LA NATURE EN POÉSIE D'URANÍE LA MUSE
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Magie d'un matin naissant ...

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La magie d'un jour naissant est l'un des plus beaux moments qu'il est permis de découvrir ou redécouvrir à tout un chacun, jour après jour, matin après matin, qu'il soit froid, enneigé, humide, brumeux, pluvieux, couvert, sec, ensoleillé, frais comme chaud. Le climat de nos régions tempérées nous offre une variété de temps étonnement changeant. Si les matins brumeux ou pluvieux semblent tristes en apparence, il suffit d'aller se promener dans un chemin de forêt pour s'apercevoir rapidement que toute condition atmosphérique, dès lors que l'on se trouve en pleine nature, a son charme, d'autant plus lorsqu'elle est animée de surcroît par une faune composée d'oiseaux, d'écureuils, de lièvres, et j'en passe.

Ce matin de Février, comme bien des matins tout au long de l'hiver, je me raisonne et lutte pour que la sagesse et la raison me poussent à sortir du lit, chaud, confortable, douillet, qui me permet de voyager au gré de mes rêves, là où j'ai envie d'aller. Ce ne sont que des rêves, tout est permis ...

Voilà, je suis enfin debout. J'ouvre les persiennes, il est 07 h 30, et ... le jour pointe à l'horizon. Accaparée toute la semaine par mon travail quotidien, ce jour tant attendu, où j'étais sensée m'apercevoir que les jours allongent maintenant le matin, est là, bien présent. Et qu'entends-je ? non, je ne rêve plus, j'entends les oiseaux, le chant des oiseaux, divin et harmonieux !. Je ne peux pas manquer ce moment là : j'enfile mon jogging "de jardin", je cours, je vole ... il n'y a pas une minute à perdre ! Quatre à quatre, je descends l'escalier, j'ouvre le volet roulant de l'une des portes-fenêtres donnant sur le jardin, côté Ouest, j'enfile mes vieilles baskets à usage strictement réservé "herbe mouillée", jette un œil sur le thermomètre extérieur : 9°, la voilà, l'autre raison de ces sifflements mélodieux ...

Silencieusement, à pas feutrés, je traverse la pelouse, respire à pleins poumons, puis me dirige doucement dans la semi-obscurité, au fond du jardin.

Là, un sapin, jadis un tout petit sapin de Noël, a grandi, terriblement grandi, et abrite maintenant une multitude d'oiseaux, dont d'adorables et fragiles mésanges bleues, ainsi que quelques verdiers, que je prends soin de nourrir pendant tout l'hiver : graines de tournesol, boules de graisse et miettes de pain, distribuées quotidiennement, leur permettent non seulement de survivre pendant les mois d'hiver, mais de plus, de se multiplier au Printemps pour mon plus grand plaisir.
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Ce matin donc, je décide de m'installer, tranquillement assise sous cet arbre à la verdure compacte, sur le tapis d'aiguilles de pin parfaitement sec, pour entendre le jour se lever. Non, ce n'est pas une erreur, on peut bien sûr, en toute logique, voir le jour se lever, mais l'entendre est tout aussi approprié, car les sons changent et muent, au fur et à mesure que l'aube croît.

L'opacité de la nuit encore présente m'enveloppe et prend possession très rapidement de mes sens. De tous mes sens : je respire et goûte l'air délicieux de la forêt toute proche, humide encore de la pluie nocturne, mon oreille guette les moindre sons, encore étouffés, mes yeux s'accoutument.

Je regarde vers l'Est, le noir profond de l'obscurité a disparu, laissant la place à un bleu sombre qui s'éclaircit doucement, très doucement, palier par palier, un peu comme la main d'un artiste ajoutant inlassablement une touche plus claire, à chaque passage du pinceau.

Du bout des doigts, je caresse l'herbe fraîche tout à côté, inondée d'une multitude de gouttelettes de rosée, que bientôt peut être, je verrai briller sous les rayons du soleil levant.

De l'atmosphère émane un impressionnant sentiment de "compactage". La lumière perce de plus en plus l'obscurité, entraînant et rapprochant, telle une étoile qui filerait doucement dans le ciel, tous les sons emprisonnés, lointains, timides, feutrés, au début, puis de plus en plus rapprochés, jusqu'à en devenir stridents. Ces sons si mélodieux, ces sifflements, ces chants d'oiseaux aussi harmonieux que divers, se complètent, s'interrogent, se répondent.

C'est un instant magique, d'une féerie incomparable. Bientôt le jour sera là, entier, clair. Déjà les premiers rayons du soleil pointent à l'horizon, entourés des voiles de la nuit et baignant dans d'immenses stratus aux nuances rosées, annonçant ainsi assurément la pluie dans les prochaines heures ...

Les oiseaux commencent à se calmer, leurs chants sont plus réguliers, comme moins inquiets. Comme si chaque matin, tous se posaient les mêmes questions inlassablement, et exprimaient les mêmes et invariables réponses : "Un nouveau jour, tu crois, tu es certain ?" "Mais oui, regarde, allons réveille-toi, le soleil se lève".

Nous venons de partager le quart d'heure magique d'un matin naissant.


Uranie.
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