Les loups et les chacals sont de tous les Canidés
sauvages ceux qui présentent le plus grand intérêt pour l'homme, puisque
c'est dans leurs rangs qu'il faut chercher l'origine du chien domestique.
Le loup commun mesure de 100 à 140 cm, pour une hauteur de 65 à 90 cm, et son poids
peut varier de 30 à 75 kg (dans le Grand Nord, il peut atteindre jusqu'à 80 kg).
Il est remarquable par son pouvoir d'adaptation au climat, à la nature du sol, à la
couverture végétale, et il n'y a que les déserts et la forêt
tropicale qui ont arrêté son expansion vers le Sud.

La persécution dont le Loup est l'objet n'empêche pas, heureusement, que des
populations parviennent à subsister. Je le souligne, il devient urgent et vital de
cesser le massacre, car les Loups protègent les forêts du danger de surexploitation.
Je l'ai écrit et je le répète inlassablement : la faune a un rôle
primordial dans la biodiversité de cette planète, et aucun animal ne doit
s'éteindre par la faute de l'homme qui commet de graves erreurs en agissant ainsi. Ce
n'est hélas que ces dernières années que l'on a compris le rôle
important joué par ce grand carnivore dans l'équilibre de la nature.
Le loup fuyant les régions cultivées est de plus en plus refoulé par
l'envahissement humain de régions naguère inhabitées, d'où la
réduction progressive de son aire.
La taille et la couleur du loup varient d'une région à une autre. Les "Loups
gris" typiques ont habituellement le dos, les flancs et la queue couverts de poils gris,
entremêlés ça et là de jarres blancs, noirs ou bruns. Ventre et
gorge sont plus clairs et souvent presque blancs, le museau, les oreilles et les membres sont
bruns ou cannelle.
Les Loups des forèts nord-américaines, surnommés en anglais "Loups des
bois", sont parfois noirs. Chez les "Loups Blancs" du Grand Nord, un examen attentif révéle
toujours quelques poils gris ou noirs.
D'une manière générale, les Loups du Grand Nord continental sont plus
grands et plus lourds que ceux du sud et que les formes insulaires nordiques.

Chez le Loup, selon Ognev, l'ouïe serait le sens le plus développé, la vue
et l'odorat lui étant nettement inférieurs ; d'autres naturalistes placent la
vue au premier rang, mais la plupart s'accordent pour affirmer le rôle prépondérant
de l'odorat, car le Loup témoigne d'un flair presque inimitable, comme le chien.
Le hurlement célèbre du loup est un long, profond et douloureux cri, en réalité
étonnamment clair et plus musical que bien d'autres voies animales. C'est un mode de
communication compris à grandes distances par les congénères, lien
indispensable pour des êtres aussi sociables que les Loups dont les meutes sont souvent
éparpillées. Diverses meutes communiquent entre elles par ce moyen. Ce
hurlement est en outre un stimulant puissant : à l'appel du Loup, ceux qui l'entendent
ne peuvent faire autrement que de répondre. Il est facile au naturaliste de déceler
la présence de Loups en imitant leur hurlement, puis en attendant la réponse.
Le Loup peut aussi aboyer, gronder, pépier et gémir.
La structure massive du crâne distingue le Loup des autres Canidés. La pression
exercée par ses mâchoires est énorme, plus de 15 kg par cm2, grâce
à quoi le Loup est capable de briser le fémur d'un Elan adulte de cinq quintaux.
Mais le Loup vit surtout d'Ongulés, à l'occasion, il dévore un Castor ou
d'autres mammifères plus petits. En période de disette, il se contente de
charognes, de petits animaux et même d'éléments végétaux.
Il peut engloutir des quantités étonnantes de viande en un jour, plus de dix
kilos, d'où l'expression "faim de loup", à l'inverse, il peut aussi jeûner
pendant plusieurs jours.

Le Loup chassant à courre une proie peut couvrir 60 kilomètres en un jour.
Comme cette proie peut peser bien plus, parfois dix fois plus que lui-même, la chasse
en meute s'impose. Cependant, l'effectif d'une meute ne doit pas dépasser un certain
nombre de loups, faute de quoi il n'y aurait pas assez de nourriture pour tous. Une meute de
plus de 20 individus est donc exceptionnelle. Chaque meute revendique et défend sa propre
"chasse gardée" dont miction et défécation marquent les limites.
L'organisation sociale du Loup rappelle beaucoup celle de l'Homme, la meute possédant
la forme de société la plus hautement développée que nous
connaissions chez les animaux. La chasse en meute est en effet une nécessité
vitale, impliquant la division du "travail", la compréhension mutuelle et
l'organisation.
Une ou plusieurs familles forment le noyau de la meute, mâles et femelles observant
les règles d'une stricte hiérarchie : un cérémonial de gestes
et de comportements assure le respect de celle-ci et par conséquent la cohésion
de la troupe. Ce n'est pas toujours le mâle dominant qui conduit la meute, une
femelle pouvant assumer cette fonction, mais sa qualité s'exprime par sa contenance
imposante, avant tout par le port raide de sa queue. Les Loups aux terribles mâchoires
pourraient, en se battant pour une question de rang ou tout autre motif, s'infliger de
graves blessures si le plus faible ne disposait pas d'une attitude de soumission qui le
fait épargner par le plus fort.
Habituellement, ne s'accouplent que les Loups de rang élevé qui s'opposent
souvent aux essais amoureux des inférieurs. Ce fait, joint à une mortalité
juvénile relativement élevée au cours de la première année,
contribue à une sorte de "planning" familial et à l'autorégulation
démographique, comme c'est aussi le cas pour d'autres grands carnivores. Selon le
pays, le rut se manifeste en Février et mars, voire début Avril. Après
neuf semaines, la femelle met bas entre trois à dix petits, mais souvent de cinq
à sept, dans une retraite souterraine qu'elle creuse elle-même, parfois dans
un arbre creux, un terrier élargi de renard, ou une hutte abandonnée de
castor. Les nouveaux-nés, inertes et aveugles, comme ceux de nos chiens, sont sevrés
à l'âge de huit semaines. Le mâle contribue au ravitaillement et peut
rester plusieurs années uni à la même femelle. Les louveteaux croissent
très vite, et lorsque les parents chassent, une jeune femelle s'en occupe souvent.
Ils passent de nombreuses heures à jouer, comme nos chiots, et les adultes se mêlent
souvent à leurs jeux. A trois ans, la maturité sexuelle est atteinte.

Dans la nature, la longévité est rarement supérieure à 10 ans :
les dents sont alors usées, et les Loups ont tellement de parasites qu'un individu
sénescent a de la peine à se nourrir. Les très vieux Loups sont parfois
expulsés de la meute, et, solitaires, meurent misérablement.
Le Loup joue un rôle dans de nombreux contes et légendes. Une Louve a nourri
Romulus, futur fondateur de Rome, et son jumeau Remus. Aux Indes, des légendes
"d'enfants Loups" circulent encore : des bébés seraient adoptés et
élevés par une Louve.
Les documents secrets concernant le Loup et conservés dans les archives d'Etat
prussiennes du XVIIIème siècle ne mentionnent aucun cas d'homme tué par des Loups.
Et pourtant, la crainte subsiste et s'exprime par un proverbe : "quand on parle du
Loup, on en voie la queue".
Le Loup a toutes les particularités qui ont fait du chien l'ami et le compagnon de
l'Homme. Quiconque a élevé de jeunes Loups ayant subi "l'imprégnation"
humaine peut le confirmer : ces Loups considèrent l'Homme comme un Loup et se
comportent avec lui comme leurs congénères sauvages le font au sein de leur
meute, conservant naturellement le sens de la hiérarchie.
Pour terminer sur cet animal, je citerai un extrait d'une interview de Nicolas Hulot
(Octobre 2002) :
"Chaque seconde une espèce disparaît. Depuis 1600, 716 espèces d'animaux
et 751 de végétaux ont disparu. Quant aux espèces menacées
d'extinction, elles sont au nombre de 34 000 pour les plantes, et de 3 521 pour les animaux.
Des taux dix mille fois supérieurs au taux naturel. C'est aux pays développés
de montrer l'exemple, mais la France va sans doute, dans les prochaines semaines, autoriser
l'abattage de loups !".