Le danger qui menace en général toutes les
Chauves-souris est la mauvaise réputation que leur font les hygiénistes.

Les bonnes âmes peuvent être tranquilles : il a été reconnu que les
cas de transmission de maladies par ces animaux constituent de rares et inévitables
exceptions et ne rendent absolument pas nécessaires des mesures préventives.
Les "microchiroptères" qui se nourrissent de sang ne sont connus que dans les régions
de l'Amérique Tropicale et subtropicale. Lorsque les premiers rapports sur ce sujet
sont parvenus en Europe, ils donnaient une description exagérée des vampires qui
surprenaient les hommes pendant leur sommeil et les plongeaient dans un état
léthargique en les éventant de leurs ailes afin de sucer l'essence même
de leur vie !!!

Certaines espèces d'apparence tout-à-fait étranges ne sont en réalité
que des créatures absolument inoffensives.
Le sujet est vaste, aussi, il m'a bien fallu faire un choix !
La Chauve-souris-javelot commune est un insectivore qui peut occasionnellement aussi
s'alimenter de fruits. Les microchiroptères, eux, se nourrissent entièrement ou
presque de fruits.

Rien qu'à l'examen de leur denture, on reconnaît la transposition d'insectivores
en frugivores. Ces derniers ont les molaires larges, plates, à tubercules émoussés
et parfaitement adaptées à l'écrasement des fruits. Il n'y a pas chez
eux de denture aiguë et tranchante comme chez les Insectivores.
Les Chauve-souris "Fers-de-lance à lunettes" recherchent occasionnellement les
régimes de bananes que l'on a suspendus pour les laisser mûrir. Les épluchures
qu'on retrouve le lendemain matin de ce banquet nocturne en sont la preuve.

La Chauve-souris-javelot commune mange quant à elle non seulement des insectes mais
aussi des fleurs. C'est ainsi qu'on a souvent, entre autres, observé sa présence sur
des arbres fleuris dont elle déchiquetait et mangeait les fleurs.
Le petit Glossophage de Pallas est un exclusif butineur de fleurs et il contribue à la
pollinisation. Chez ce dernier, la région buccale a subi un allongement notable, et sa
longue langue, munie à son extrémité de longues et fines papilles
filiformes, peut pénétrer très loin jusqu'au fond des fleurs, celles de
calebassier notamment. Il peut, à la maniè,re des colibris, faire un vol sur
place et se maintenir ainsi au-dessus d'elles.
Les Chauve-souris aiment la chaleur et en ont besoin. Dans les régions tempérées,
leur nombre se réduit très sensiblement. Pour pouvoir survivre pendant la
saison froide, où

elles ne peuvent guère trouver à se nourrir, elles entrent en hibernation. Les
Chauve-souris insectivores des régions tempérées peuvent en plein été
présenter des périodes de "léthargie" analogues à l'hibernation.
Quand dans la journée, la température s'abaisse au-dessous d'un certain seuil,
la température du corps s'abaisse également jusqu'à devenir presque
égale à celle de l'extérieur et l'animal entre alors dans un état
semblable à celui de l'hibernation. Et c'est seulement le soir, quand recommence la
"période d'activité" que la température du corps remonte et que la
Chauve-souris retrouve la pleine possibilité de se mouvoir. Pendant cette léthargie,
l'animal a économisé ses réserves.

Dans un grand nombre d'espèces, le temps des chaleurs commence très tôt
après la fin de l'élevage du petit, et les deux sexes se retrouvent généralement
ensemble dans les quartiers diurnes. A cette époque, chez les femelles, il n'y a
encore aucune maturation ovulaire de sorte qu'il ne peut y avoir aucun début de
développement embryonnaire. Au contraire, le sperme est retenu dans les voies génitales
des femelles jusqu'au Printemps et c'est seulement à la fin du sommeil hivernal que se
produit la maturation

ovulaire. L'ovule mûr migre dans l'oviducte, se trouve fécondé par un des
spermatozoïdes ayant repris leur activité, et il se développe alors d'une
façon tout-à-fait normale. Mais il arrive qu'on trouve aussi en hiver des
femelles non fécondées, dans certaines circonstances, le sperme des mâles
reste emmagasiné dans l'épididyme de celui-ci depuis l'automne jusqu'au
printemps. La première moitié de la période chaude de l'année est
entièrement consacrée, pour les femelles, à la reproduction. Elles se
réunissent en groupe, plus ou moins nombreux, pour former des "crèches" où
naîtront et seront élevés les petits.

L'envergure de la Chauve-souris peut varier de 18 à 70 centimètres selon les espèces.
On a l'impression que la "nature" s'est servie absolument de tout pour créer les
Chauves-souris insectivores, laissant la fantaisie agir à sa guise, ce qui a abouti à
la création de formes les plus diverses et les plus extraordinaires. Cette diversité
se manifeste surtout dans la forme de la tête et principalement de la face, dont
l'expression est souvent qualifiée de "grotesque". Chez certaines espèces, les
lèvres sont glabres, dentelées, striées, garnies de papilles ou de
verrues. Mais les recherches sur le sonar ont démontré que ces "ornements" ont
une importance vitale.
A mes yeux, avec lesquels j'ai appris à vraiment "voir" et non pas simplement
"regarder", cette expression est une variété splendide et originale de la faune
terrestre, qui ne cessera jamais de m'étonner (de vous étonner ?), cette Nature dont,
rappelons-le, Dieu est le Divin Créateur.