Mais oui, ça existe, et c'est un charmant petit animal ...
De la famille des Daubentoniidés, les Ayes-ayes, prosimien malgache, n'offrent aucune
ressemblance avec d'autres prosimiens. Ils sont adaptés à un monde environnant
tout à fait particulier et à un mode d'alimentation très spécial.
Ce petit animal fut classé à l'origine dans la famille des Ecureuils ou des
Gerboises, il lui fut même accordé, provisoirement, un ordre indépendant
de mammifères.

Le zoologue allemand Schreiber découvrit le premier, vers 1775, que ce rongeur ou
marsupial apparent était en réalité un Lémuridé.
Il n'existe, hormis une race géante du sud-ouest aride de Madagascar, qu'un seul genre
avec une espèce, l'aye-aye. D'une longueur de 55 cm, tête grande, à museau
camus, le corps mince, la queue très touffue, il possède de grandes oreilles
membraneuses écartées latéralement. Ses doigts et orteils sont fortement
allongés, ses griffes pointues, seuls les pouces et gros orteils possèdent un
ongle plat. Sa dentition est semblable à celle des rongeurs.
L'aye-aye ne se rencontre vraisemblablement plus de nos jours qu'en deux régions
boisées. Il habite surtout les denses jungles de bambous géants, mais recherche
également les arbres riches en larves d'insectes. Il y vit seul ou en couple et dort
le jour, le plus souvent dans des arbres creux ou des broussailles épaisses.
Dès que débute le crépuscule, il sort de son refuge et saute de branche
en branche comme les lémuridés. Il se suspend également souvent par ses
pattes postérieures, comme le font les Lorisidés, et a ainsi les mains libres
pour manger ou se nettoyer.

En liberté, il se nourrit de larves de coléoptères et de moëlle de
bambou. En captivité, il se nourrit de plus de canne à sucre, noix de coco,
mangues, bananes, dattes, mais également d'œufs et de riz.
Lorsque deux Aye-aye s'appellent, cela ressemble à un crissement, comme si l'on
frottait des lamelles de métal l'une contre l'autre.
Cette singulière créature nocturne a joué un grand rôle dans la
croyance populaire des malgaches.

Si un homme s'endort dans la forêt, c'est ce que racontaient les Indigènes,
l'Aye-aye lui fabrique un coussin d'herbe. S'il trouve ce coussin, en s'éveillant sous
sa tête, il sera bientôt démesurément riche, mais s'il le découvre
sous les pieds, il sera victime des sortilèges d'un magicien. Chaque homme, disait-on,
qui tue un Aye-aye devra absolument mourir en l'espace d'un an. C'est pourquoi les malgaches
ne faisaient pas de mal à ces animaux. Même lorsque l'un d'entre eux tombait
dans un piège par hasard, on lui rendait au plus vite sa liberté.
Les Ayes-aye étaient cependant devenus si rares que l'on a craint leur extinction
complète. Des essais de sauvegarde ont cependant été entrepris. Le
gouvernement de la république malgache avait offert pour cela la petite île de
Nossi-Mangabé, au nord-est de Madagascar, comme zone de protection. J'ignore si la
survie de l'espèce est maintenant assurée.