L'histoire de l'Inde se perd dans la nuit des temps et
comporte une étonnante mythologie.
Le livre le plus ancien des Hindous, le Rig Veda, narre la création du monde :
"A cette époque régnait l'absence de tout. L'atmosphère et le ciel au
dessus d'elle n'existaient pas. Que se passait-il ? Qui surveillait ? Que représentait
l'insondable ? A cette époque, il n'y avait ni mort ni immortalité. Il n'y avait pas
trace ni de jour ni de nuit. Cet "Un" respirait selon ses propres lois. Il n'existait rien
d'autre que cet "Un". Au début, il y avait l'obscurité dans l'obscurité ...
La vie, qui était enfermée dans le vide, la seule et unique vie, naquit grâce
à la puissance de son souffle de chaleur ... Y avait-il un en bas ? y avait-il un en
haut ? ... Qui le sait vraiment ? qui pourrait le dire ? d'où vinrent-ils ? d'où
provient cette création ?"
Toute la mythologie Hindoue repose sur ce texte étonnant. Même le Mahabharata s'en
inspire. Celui-ci apporte cependant des éléments nouveaux qui constituent, pour les
savants de véritables casse-tête. En voici un extrait : "On demanda à
Bhrigu quelles étaient les dimensions de la voûte céleste et il répondit
ceci : "cet espace est infini, habité par des bienheureux et des divinités,
agréable, il comprend toutes sortes de séjours, ses limites sont inaccessibles.
Ni la lune ni le soleil ne se montrent au-dessus ou en dessous de ces séjours, les
dieux sont leur propre lumière, ils brillent comme le soleil et illuminent comme le
feu. Eux non plus ne voient pas la limite de la voûte céleste et de son immense
étendue parce qu'elle est difficilement accessible, parce qu'elle est, elle aussi,
infinie ... Mais vers le haut encore et toujours vers le haut, cet univers que même les
dieux ne peuvent mesurer est rempli d'êtres lumineux, flamboyants".
Les légendes Hindoues abordent fréquemment l'amour. Les héros amoureux
descendaient d'un monde supérieur, arrivaient à bord d'engins aériens :
ces machines étaient des animaux, Sibishimanya chevauchait un paon, Brahma un cygne,
Vishnu et Krishna, un oiseau géant nommé Garuda. Il est permis d'imaginer que
ces animaux de l'espace étaient vraisemblablement tout simplement des vaisseaux
poétisés par l'imagination des conteurs. Leur vie amoureuse est bien
mouvementée.

En voici l'un des textes légendaires. Le Ramayana, remontant à 5000 ans, peut-être
3000 avant J.C., relate le règne de Rama, représentant un âge d'or durant
lequel les Célestes issus d'autres planètes foulèrent notre sol, et sa
féerique quête pour retrouver son épouse Sita enlevée par le chef
des géants. Racontée en 80 000 vers, cette aventure, pleine de passions et de
batailles aériennes entre dieux et démons, l'historien Valmiki en fit un poème
épique.
"Matali le brave conduisit le chariot tiré par des coursiers semblables aux rayons
solaires
Lé où le vertueux Rama cherchait son ennemi pour un combat fatal,
Au noble Rama il donna des armes étincelantes, célestes.
Lorsque le juste se lance dans la lutte, les Dieux viennent à son aide.
"Prends ce char "dit Matali", ce sont les Dieux secourables qui te l'offrent."
"Prends ces coursiers célextes, le chariot d'or d'Indra."
C'est alors qu'eut lieu un terrible duel entre Rama et Ravan. Le géant fut tué :
Ce combat douteux dura jusqu'à ce que Rama, dans son courroux, brandit l'arme terrible
de Bramah, flambante du feu céleste, l'arme que la divine Agostya avait donnée
à son héros, Ailée comme le javelot de feu d'Indra, mortelle comme la
foudre du ciel. Enveloppée de fumée et jetant des éclairs, Rama se
précipita du haut de son engin. Perça le cœur d'airain de Ravan et le
laissa sans vie. Des voix bienheureuses tombèrent du haut du ciel sur les vaillants
fils de Raghni. Champion de la vérité et du droit ! "Ta noble tâche est
maintenant achevée".

Délivrée, Sita subit l'épreuve du feu pour se laver du soupçon
d'infidélité. Le couple enfin réuni fit une entrée triomphale dans
la ville. Mais Rama est obsédé par l'idée que sa femme ait pu le tromper.
Alors qu'elle est enceinte, il l'exile dans une forêt où elle met au monde des
jumeaux. Des années plus tard, Rama va la voir et, dévoré par le remord,
lui demande de se justifier. Mais elle n'en fait rien, se contentant d'affirmer qu'elle est
innocente :
"Les Dieux et les Esprits, les brillants Immortels vinrent à ce royal Yajna,"
"Des hommes de toutes races et de toutes nations, Rois et Chefs de grans renom."
"Sita les vit tous rassemblés devant elle,"
"Elle vit son seigneur et mari, lumineux comme un astre ascendant".
Le couple ne peut se réconcilier devant les soupçons injustifiés de Rama,
qui regagne le ciel après une vie solitaire.
Il y a une ressemblance frappante entre la mythologie hindoue et la mythologie grecque
: le Ramayana a des traits communs avec l'Illiade. Tous deux mettent en scène la quête
d'un mari pour retrouver sa femme, et les terribles guerres que cette recherche déclenche.