«Heureux ou malheureux, pourquoi ?»
Il y a plusieurs façons d'être heureux.
Certains pensent que leur bonheur découle de la possession de biens matériels et la
satisfaction de leurs sens. Méthode facile, mais combien fragile ... Même si ceux-là
pensent être heureux, s'ils tiennent ce bonheur pour acquis, ils souffriront doublement
dès qu'un seul élément de cet édifice qu'ils ont construit chutera, en entraînant de
plus très probablement la chute des autres ... Pour être heureux durablement, il faut
d'abord passer par la reconnaissance de la réalité de la souffrance : c'est la
fondation de base du bonheur, même si le sceptique à ces mots froncera d'abord les
sourcils. C'est certes déroutant, puis déprimant. Certains alors, devant cette vérité
fondamentale, préfèrent se la cacher et s'adonner à la drogue, à l'alcool, à la vie
facile mais pas honnête, etc ... jouer en fait, «la politique de l'autruche». D'autres
choisissent de vivre à toute allure, ne prenant ainsi plus le temps de penser. Court
sursis !! Les problèmes reviennent toujours en force. La colère, le désespoir,
s'emparent alors souvent d'eux, ajoutant ainsi à leur difficulté initiale, une
souffrance supplémentaire. Pourtant, leur souffrance à la base n'est que le
résultat d'un bon nombre de causes et de conditions. Si notre état d'âme ne dépendait
que d'une cause, il suffirait d'une cause de bonheur pour être heureux. Or, il n'en
est rien. Il faut donc renoncer à l'idée qu'il puisse y avoir un responsable, car le
trouver ne suffirait pas. Il faut tout simplement admettre que la souffrance fait
partie de l'existence. Si nous la considérons comme anormale, que nous en sommes
victimes, la vie devient misérable. Notre réaction devient alors le problème même de
notre mal-être. Le bonheur n'est possible que lorsque ce que nous considérons comme
souffrance ne nous rend pas malheureux. Cela nous conduit alors à découvrir sa
cause première : l'incompréhension de la nature réelle des êtres et des choses, qui
est à l'origine du désir et de la haine. Lorsque cette incompréhension est admise,
disparaît, le désir et la haine se retrouvent sans fondement : la source de la
souffrance est alors tarie. Un bonheur spontanément altruiste prend naissance, qui
ne laisse plus de place aux émotions négatives. Chaque jour est alors un jour nouveau,
dont on savoure chaque minute, du réveil au sommeil. Et pour ceux que cette
dissertation n'a pas convaincus, j'ajouterai ceci. Beaucoup de gens malheureux ne
manquent de rien, mais ne sont pas satisfaits de leur sort. Ceux-là fabriquent leur
propre malheur par leur incapacité à vivre sainement. C'est souvent leur attitude
mentale qui détermine le degré de leur souffrance. Ainsi, lorsqu'ils sont malades,
ils compliquent leur état en se tourmentant sur leur sort, ajoutant ainsi à leur
souffrance physique une souffrance mentale. Quelque soit la situation, il est presque
toujours possible de la voir sous un angle positif, rares sont les cas où aucun
réconfort n'est possible. Le simple fait de penser que d'innombrables être souffrent
autant peut aider à supporter le mal, en priant pour que sa propre souffrance puisse
soulager celle des autres. Le désespoir est inutile et ne fait qu'aggraver la douleur.
Et si la peur de la mort est ancrée en vous, réfléchissez à son caractère inéluctable.
Elle fait partie intégrante de la vie, celle-ci ayant nécessairement un début et une
fin : il est impensable de vouloir y échapper.
Si cette pensée est tôt intégrée par chacun, la mort n'apparaîtra plus comme un
élément anormal. Beaucoup passent une grande partie de leur vie à amasser des
biens comme s'ils allaient vivre éternellement. Lorsque notre corps est devenu
incapable de se maintenir en vie, le moment est venu de l'abandonner. Mourir ne
signifie pas pour tous cesser d'exister.
Uranie.
«inspirée par les «Conseils du Cœur» du Dalaï-Lama ... La présence».
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